Drapeau malade…

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Le sujet de ce texte n'est sans doute pas celui que j'aurais choisi spontanément pour inaugurer ce site. Il se trouve cependant, bien qu'il existât de longue date dans la ma pile de projets, que les réactions à l'éviction du dessinateur Siné de l'hebdomadaire Charlie Hebdo ont servi d'élément déclencheur à sa création. Il me semble en effet que la plupart des protagonistes de cette histoire ne mesurent pas ses enjeux, et la gravité des concepts desquels ils semblent s'amuser. Cette situation me pousse à prendre la plume pour proposer ma modeste analyse.

Ainsi soit-il, discutons donc de la place de l'antisémitisme dans notre société.

[Mise à jour 24/02/09] Ouf ! Siné a été relaxé.
[Mise à jour 3/03/09] Malheureusement, il a été débouté de son action en diffamation.

Êtes-vous antisémite ?

Quand la LICRA nourrit la Bête Immonde…

Le 10 août 2008.

1. Les mots

Je ne discuterai pas ici des attaques faites à Philippe Val concernant un éventuel réglement de compte — si tout cela est vrai, laissons sa conscience s'en charger. Les faits, rien que les faits — ou plutôt les mots. Je commenterai simplement les mots écrits et prononcés par Siné, et les implications de l'emballement médiatique assez spectaculaire qu'ils ont généré. L'intelligentsia et le peuple français, unis dans la division, se disputent sur un sujet ô combien sensible : l'antisémitisme — « de gauche… ». Curieusement, le milieu politique peine à se prononcer. Les véritables antisémites, quant à eux, se gardent bien de prendre publiquement position, cette affaire arrangeant bien les leurs. Même Dieudonné n'a pas encore dit un mot…

L'émotion suscitée par ce qui aurait pu rester un banal licenciement n'est pas sans rappeler l'Affaire Dreyfus, qui déchira cette même gauche — car la droite se montre peu impliquée dans l'ensemble — il y a à peine plus d'un siècle, et d'aucuns sont là pour le mentionner. La ressemblance s'arrête pourtant au thème et à la population concernée ; rapprocher les deux affaires plus avant n'est pas faire gloire à l'Histoire. Non que le sujet ne soit pas d'importance — sans quoi je n'écrirais pas ces mots : au contraire de Philippe Cohen, dans Marianne 2, pour qui la polémique ne présente pas de « grand intérêt intellectuel », j'estime que ce débat de société et son issue ont des implications profondes, et que beaucoup (Philippe Val et Siné, mais bien plus encore la foule d'éditorialistes et de personnalités de tous ordres qui prennent publiquement position sur ce qu'ils semblent considérer comme, faute de mieux, le débat de l'été) n'en distinguent pas les enjeux.

1.1 Jean Sarkozy

Commençons donc par analyser les mots. En premier lieu, la phrase par laquelle tout a commencé. Dans sa chronique publiée le 2 juillet, Siné écrit :

« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »

Qu'y a-t-il donc de si ambigu dans ces mots pour qu'ils aient déclenché une telle tempête médiatique ? Siné critique l'issue d'un procès impliquant Jean Sarkozy, jugé pour délit de fuite lors d'un accrochage avec une voiture. Personne ne lui reproche cette critique, bien heureusement : Siné peut penser ce qu'il veut d'un jugement. Quelques esprits commencent à s'insurger lorsque Siné laisse entendre que cet issue pourrait avoir été influencée par les origines du plaignant — mais sans doute pas plus que pour n'importe quelle autre de ses chroniques. Après tout, d'une part il n'est pas interdit de voir des machinations là où il n'y en a pas, tant que ça ne porte pas préjudice à quiconque, et d'autre part ce ne serait pas la première fois que le fait d'être Arabe influence une décision — de justice, d'embauche ou de contrôle d'identité…

Ce sont les deux dernières phrases qui choquent. La supposée conversion de Jean Sarkozy au judaïsme, pour épouser une héritière des fondateurs de Darty, elle-même juive, ne serait qu'une rumeur. Elle tient, si ce n'est son origine, du moins sa diffusion, d'un article de Christophe Ayad et Antoine Guiral paru le lundi 23 juin 2008 dans Libération, attribuant la paternité de ces propos au président de la LICRA :

Patrick Gaubert, président de la Licra et ami de Nicolas Sarkozy, […] remarque qu’aujourd’hui, le fils de Nicolas Sarkozy, Jean, vient de se fiancer avec une juive, héritière des fondateurs de Darty, et envisagerait de se convertir au judaïsme pour l’épouser. « Dans cette famille, on se souvient finalement d’où l’on vient », s’amuse-t-il.

Le fait de colporter une rumeur, que reproche Philippe Val à Siné, ne tient donc pas pour Charlie Hebdo, puisque la source de Siné est généralement considérée comme fiable, et de toute façon responsable. Mais ce reproche est anecdotique. Ce dont on accuse Siné, c'est surtout de sous-entendre qu'en se convertissant au judaïsme, on a toutes les chances de réussir dans la vie !

Ce n'est pas ce qui est écrit mot pour mot, certes, mais enfin : acoller dans une même phrase les mots « juive/judaïsme », « héritière » et « faire du chemin dans la vie »), c'est limpide, non ? C'est « faire appel aux clichés les plus éculés de l'antisémitisme » (expression reprise dans de nombreux articles, je suppose que c'est de la grande littérature), voyons ! Amis biographes, prenez garde ! Ne mettez pas votre carrière en jeu en disant d'un Rothschild qu'il est à la fois riche, juif et puissant, partagez-vous les adjectifs… Quitte à citer le baron Edmond lui-même :

« Un Rothschild qui n'est pas riche, pas juif, pas philanthrope, pas banquier, pas travailleur et qui ne mène pas un certain train de vie n'est pas un Rothschild. »

Antisémite, Edmond de Rothschild ? Autre temps, autre mœurs, me répondra-t-on sans doute. Revenons donc à notre époque. Je ne veux pas croire que la justice admette ce que semblent admettre tant d'« intellectuels » : que l'ordre des mots et leur contexte n'ont pas d'importance. Car la phrase concernant la réussite n'est évidemment pas liée au judaïsme, mais à l'accumulation de la filiation, de la position, de l'issue — injuste, selon Siné — du procès, de la conversion intéressée, de l'opportunisme supposé de Jean Sarkozy. Rappelons au passage que la conversion fait de vous un juif, pas un Juif.

1.2 Les juives rasées

Dans la même chronique, ce passage fait curieusement bien moins parler de lui :

« Croyez-vous que ce Christophe Barbier qui se permet d’admonester les musulmans, les enjoignant brutalement d’abandonner leurs traditions, aurait le même culot pour s’adresser aussi violemment aux Juifs ? Moi, honnêtement, entre une musulmane en tchador et une juive rasée, mon choix est fait. »

Même dans son contexte, cette dernière phrase est pourtant bien plus choquante à mes yeux, et j'avoue avoir dû m'y reprendre à deux fois pour comprendre que Siné faisait vraisemblablement allusion à ses goûts en matière de pilosité. Une maladresse encore, mais dont l'interprétation prêterait à mon avis bien plus à confusion que celle citée à tout va.

1.3 Les croix gammées

Enfin, on a ressorti du placard cette tirade, prononcée le 2 août 1982 sur les ondes de la « radio libre » Carbone 14, et qui a valu à l'époque à Siné un procès intenté par la LICRA :

« Il y a deux pays racistes, ce sont l'Afrique du Sud et Israël. Quand Israël bombarde, si on me dit qu'être antisioniste c'est être antisémite, alors je suis antisémite. […?] Je suis antisémite depuis qu'Israël bombarde. Je suis antisémite et je n'ai plus peur de l'avouer. Je vais faire dorénavant des croix gammées devant tous les murs. […] Je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s'il est est pro-palestinien. Qu'ils crèvent. »
[La citation est reconstituée d'après divers articles ; si quelqu'un a les bandes originales ou la retranscription complète… NdA]

Ça a le mérite d'être clair : Siné s'avoue lui-même antisémite ! Tout est dit, l'affaire est donc entendue. Vraiment ? Pas tout à fait. La fin de la citation précise sans ambiguïté : « sauf s'il est pro-palestinien ». Un antisémite ne fait pas la distinction entre le « bon Juif » et le « mauvais Juif » (épargnons-nous les blagues type western, merci). Non. L'antisémitisme est la haine du Juif, avec la majuscule. La haine du juif anti-palestinien, c'est la haine du colonialisme juif. Ça s'appelle l'antisionisme, et ça n'englobe d'ailleurs pas que les juifs. Siné a maintes fois démontré qu'il était antisioniste, il n'y a pas à tergiverser sur ce sujet. Mais rien ne condamne l'antisionisme — heureusement d'ailleurs, puisque ce n'est qu'une opposition à des idées. La première partie de la citation, la plupart du temps tronquée, est d'ailleurs explicite : Siné n'est antisémite que si « être antisioniste c'est être antisémite ».

La malhonnêteté intellectuelle ambiante, celle qui tronque les citations et qui les déshabille de leur contexte, omet également souvent de préciser que Siné publia une lettre d'excuses, à ses frais, sous forme d'encarts publicitaires dans Le Monde des 21/22 octobre 1984. Lettre à laquelle Me Bernard Jouanneau, alors avocat de la LICRA en charge du procès, publiera une réponse dans Le Droit de Vivre, le journal de la LICRA, écrivant notamment à son propos :

« Lisez-la, apprenez-la par cœur, récitez-la à vos enfants. Vous avez là un morceau d'anthologie : une page du cœur. »

La LICRA retira alors sa plainte, mais l'association Avocats Sans Frontières de Gilles-William Goldnadel (qui, lorsqu'il n'attaque pas le tout-venant pour antisémitisme, se plait à défendre l'écrivain arabophobe Oriana Fallaci, le gouvernement de Slobodan Milosevic, la responsable du mouvement Alsace d'abord ou à soutenir Philippe de Villiers… Il est d'ailleurs accusé par le MRAP de liens avec le FN, le MNR et l'extrême-droite israëlienne) se porta partie civile et Siné fut finalement condamné.

Certains ont cru bon de rapporter des propos de Siné sur la Gay Pride et les harkis. Je ne vois pas ce que cela a à faire avec cette histoire, sinon à prouver que Siné n'a pas de bête noire particulière : ces morceaux ont vraisemblablement été choisis à la va-vite mais pas au hasard, car il serait aisé de démontrer que Siné, en fait, exècre à peu près tout ce qui n'est pas félin, alcoolisé ou lié au jazz — ce dont il ne s'est d'ailleurs jamais caché.

2. Lecteurs antisémites ?

Siné n'est donc pas antisémite, ou en tout cas ne le laisse pas transparaître dans ses propos. En fait, il est risible, sinon choquant, d'accuser d'antisémitisme un homme qui fût marié à une Juive, dont la fille est par conséquent Juive, qui s'est battu pour que la France reconnaisse son rôle dans la Shoah… Il est surprenant de constater à quel point les mêmes qui sont prompts à se moquer — avec raison — des arguments des complotistes pour lesquels un alibi devient une preuve de préméditation, tombent facilement dans le même travers lorsque l'on vient à parler d'antisémitisme.

Ses mots ne sont pas antisémites. Ce que l'on juge ici n'est donc en réalité pas l'antisémitisme de Siné, mais celui du lecteur. Par association d'idées, Siné nourrirait l'antisémitisme latent du « Français de base ». Pourtant, la tournure utilisée par Laurent Joffrin dans son billet attaquant Siné, selon laquelle il existerait une « race juive », est infiniment plus grave. Infiniment plus grave, mais également très instructive. Il y a d'un côté quelqu'un qui utilise les mots sans arrière-pensée, avec une saine franchise, appelant un chat un chat, un juif un juif, une religion une religion, un con un con. Et, de l'autre, des esprits torturés, qui extrapolent des ramifications tordues dans la plus innocente tournure de phrase, tentant de calquer les pensées de l'auteur sur le fonctionnement de leur propre esprit. Ne voient en réalité dans les mots de Siné de l'antisémitisme que ceux qui ont peur de leurs propres pensées, qui se battent contre les relents racistes et les clichés antisémites colportés par la société et dont ils n'ont su se prémunir. Leur réaction n'est qu'une tentative de canaliser leur propre sentiment de culpabilité. C'est évidemment le cas de Joffrin : ses mots ont dépassé sa pensée, et la « race juive » est sortie. Joffrin n'est pas antisémite, mais lorsque l'on parle des Juifs, il doit se battre contre des pensées malsaines. C'est une lutte active contre l'antisémitisme au quotidien, quand Siné n'a pas à se battre contre lui-même. Les mots de Siné n'ont pas dépassé sa pensée : l'antisémitisme que certains y voient résulte d'une association hasardeuse de clichés, dans l'esprit de ces lecteurs, et non de l'auteur.

3. Des contours de l'antisémitisme

Il est temps de marquer les bornes entre judéophobie, antisionisme et antisémitisme. Siné est coutumier de la première, au même titre que de l'islamophobie et la christianophobie, qui ne sont du reste que de saines — quoique poussées — critiques de la religion, au sens dogmatique et non croyance individuelle. La seconde doctrine concerne l'État d'Israël. Siné est connu pour ses positions profondément antisionistes, au même titre que de nombreux juifs pratiquants, ce qui devrait lever le doute sur la relation entre antisionisme et antisémitisme : l'un n'implique pas l'autre, et vice versa. Enfin, l'antisémitisme désigne la haine du Juif — notez la majuscule. Celui qui est né Juif, qui a du sang Juif, qui est traditionnellement riche et puissant, qui ourdit des complots internationaux dans l'ombre, qui a les dents longues et le nez crochu. Le youpin, celui qu'Hitler voulait éradiquer. Celui que certains voudraient définir comme race. On devient juif par conversion, mais on devient Juif par sa lignée. On peut se moquer et critiquer le juif — le Juif est et doit rester intouchable. Son histoire, ses amitiés, sa famille, montrent que Siné n'est pas antisémite.

Mêler — avec ou sans arrières-pensées — les trois concepts est néfaste à tout point de vue. Faire croire qu'attaquer les juifs ou Israël est antisémite crée d'une part une zone intellectuelle de non-droit (des pensées saines mais interdites), et d'autre part une différence de traitement avec les autres religions/pays. C'est d'autant plus vrai dans ce cas particulier où l'« inquisiteur » s'était fait le chantre du droit à la caricature, le héraut de la liberté d'expression, le pourfendeur de la censure religieuse lors de l'« Affaire des caricatures ». C'est certainement une lourde responsabilité, mais il faut l'assumer. Car même si les deux problématiques ne sont que peu liées, elles présentent suffisamment de similitudes pour que le citoyen lambda qui ne s'y attarde pas n'en retienne que la différence de traitement envers l'islam et le judaïsme. D'autant que Siné n'a pas pour habitude de mâcher ses mots avec les musulmans… On peut donc insulter sans retenue un musulman, on ne peut rien dire d'un juif. Cela ne fait qu'attiser le sentiment d'injustice, du fameux « deux poids, deux mesures », et par conséquent l'antisémitisme — réel, celui-ci. Les premières victimes de frontières floues entre ces notions sont donc… les Juifs eux-mêmes. En faisant de tout judéophobe et de tout antisioniste un antisémite potentiel, on offre un terreau à l'antisémitisme refoulé, à l'antisémitisme naissant et à l'antisémitisme de réaction — du pain béni pour les vrais antisémites.

4. Enjeux de justice

Des procès sont donc en prévision. Au moins deux : la LICRA assigne Siné, qui assigne Askolovitch. L'issue de ces procès est d'une grande importance.

Le premier procès est intenté par la LICRA à Siné, pour antisémitisme. Son enjeu : rien moins que dessiner les contours législatifs de l'antisémitisme en France, c'est-à-dire ce qui, au regard de la loi, est antisémite et ce qui ne l'est pas. Dans un monde juste, ces contours épousent parfaitement ceux de l'antisémitisme réel : est considéré antisémite tout ce qui l'est effectivement, et seulement ça. Nous ne vivons malheureusement pas dans un monde juste, d'autres faits nous le rappellent tous les jours. Siné n'est pas antisémite, pas plus que ne le sont ses propos. S'il est condamné, les bornes juridiques de l'antisémitisme seront donc plus larges que celles de l'antisémitisme réel. L'effet pervers d'une telle situation, on l'a vu, est un élargissement mécanique de l'antisémitisme, et un isolement grandissant de ses victimes.

Le second procès est intenté par Siné à Askolovitch au titre de diffamation. Il est moins important que le premier en terme d'intérêt collectif pour la société, et les deux issues sont directement liées : on imagine mal Siné condamné pour antisémitisme gagner un procès pour calomnie contre quelqu'un qui l'a accusé d'antisémitisme… Cependant, si Siné n'est pas condamné et perd ce procès, cela signifie que la qualification abusive pour antisémitisme n'est pas condamnable. Or, comme quelqu'un l'a justement fait remarquer, l'étiquette d'antisémite est aussi indélébile et nocive pour celui qui la porte que celle de pédophile (ce n'est pas un jugement de valeur).

Qu'on ne se méprenne pas : mon but n'est pas de rendre convenable ce qui ne l'est pas. L'antisémitisme est quelque chose de grave, qui doit être condamné. Mais dénaturer l'antisémitisme, en faisant passer pour antisémite ce qui ne l'est pas, est l'un des plus graves préjudice qui puisse être fait aux Juifs. Certes, l'Histoire des Juifs, persécutés au long des siècles, jusqu'à l'indicible — la Shoah —, rend le sujet sensible. Mais c'est en les singularisant ainsi, en leur offrant une condition particulière, que l'on crée les conditions pour que cette situation perdure.

Avant de qualifier quelque propos que ce soit d'antisémite, l'on devrait toujours se souvenir que des millions de personnes sont mortes à cause de ou en se battant contre l'antisémitisme, et se demander si c'est leur faire justice que de dévoyer ce terme à l'envie. Une telle précaution aiderait sans doute, s'il n'est pas déjà trop tard, à ne pas le galvauder.

Siné doit donc gagner ces deux procès, pas seulement pour la liberté d'expression (qui, encore une fois, doit se limiter à l'attaque contre ce que l'on choisit d'être — catholique, musulman, juif, antisémite, président, bête et méchant… — et non contre ce que l'on a pas choisi d'être — noir, blanc, Juif, Arabe, pauvre…), mais surtout pour la justice, pour les Juifs, contre l'antisémitisme, pour la santé de la société française.

[Mise à jour 24/02/09] Ouf ! Siné a été relaxé.
[Mise à jour 3/03/09] Malheureusement, il a été débouté de son action en diffamation.